Publié sur le site des « Vert du pays rémois » Par Vincent Bocquet le jeudi, mai 14 2009, 19:38
Entretien avec Brigitte FOY :
Brigitte, tu as été un élément moteur d’une action victorieuse contre une installation d’antenne téléphonique à Sillery. Peux-tu nous dire comment les choses ont commencé ?
Notre collectif « Pour une vie saine à Sillery » a vu le jour en septembre 2008 après la découverte de manière inopinée d’un panneau de déclaration de travaux d’une antenne relais de téléphonie mobile orange UMTS (3G). Cette antenne devait être installée à environ 20 mètres des premières habitations sur le parking de la supérette du village. Il faut préciser que la couverture de téléphonie mobile Orange n’était pas mauvaise sur Sillery et que cette antenne devait satisfaire de nouveaux besoins, à savoir la réception d’Internet et de la télévision sur le portable.
Comment s’est faite la mobilisation des habitants ?
Via le mail, la nouvelle a fait le tour de la commune et nous nous sommes associés en un collectif constitué d’une vingtaine de personnes appelé « Pour une vie saine à Sillery ». Dans un premier temps, nous avons informé la population locale en distribuant des tracts, puis nous avons convié une scientifique spécialiste des ondes électromagnétiques du CRIIREM (Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur les Rayonnements électromagnétiques) à venir faire une conférence à Sillery pour informer la population sur les risques sanitaires. Nous avons fait circuler une pétition dans le village, qui a eu du succès suite à la conférence. Forts de cette mobilisation, la Municipalité s’est rangée à nos côtés, et nous avons contacté les médias. Nous avons organisé une manifestation locale qui a eu du succès.
Quelles étaient les revendications que vous avez portées ?
A Sillery, le collectif demandait l’application du principe de précaution, à savoir le déplacement de l’antenne à plus de 500 mètres des habitations. Ce qui était possible chez nous, dans la mesure où nous avons des champs à proximité des habitations. (nous avions même trouvé un agriculteur qui l’acceptait dans son champ)
Il est temps que l’implantation des antennes relais soit soumise à une réglementation nationale garantissant la santé des riverains. Ceci passe par l’abaissement à 0,6 Volt par mètre du seuil d’exposition chronique. Je rappelle qu’en France les opérateurs peuvent exposer les riverains d’antennes relais à 41 et 61 V/m ! De plus il faudrait imposer la procédure de permis de construire pour toute nouvelle installation.
Au bout du compte qu’avez-vous obtenu ?
On a obtenu le retrait du projet avec pour raison officielle « le manque de rentabilité » du site ! La surprise a été de taille, car quelques jours plus tôt l’opérateur Orange ne voulait pas étudier les propositions d’implantation sur d’autres sites car ils avaient pris du retard et devaient boucler le dossier. Je rappelle que nous demandions le déplacement de l’antenne et non l’annulation du projet.
Quels conseils donnerais-tu à tout citoyen confronté à un problème semblable ? Comment peut-il déjà s’informer ?
Tout d’abord, il faut s’informer auprès des associations spécialisées dans les ondes électromagnétiques, comme Robin des Toits, le CRIIREM, Agir pour l’environnement… Je conseille de se regrouper en collectif, de contacter les politiques locaux, la presse et surtout informer et mobiliser la population, en faisant intervenir des spécialistes indépendants (le CRIIREM). Nous attendons beaucoup du « grenelle des antennes » qui devrait avoir lieu prochainement. En attendant, il est possible de signer une pétition en ligne tchermobile.org
Entretien avec Raymond JOANNESSE :
Raymond, tu étais conseiller municipal Vert d’opposition de Reims dans la mandature précédente. Tu as obtenu une charte sur les antennes de téléphonie mobile. Peux tu nous dire comment ?
Ce besoin de charte est venu à la suite de rencontres avec plusieurs habitants de la ville inquiets pour leur santé. Donc les élus verts ont proposés à la précédente municipalité de faire une charte de recommandations envers les opérateurs de téléphonie mobile afin d’encadrer leur développement. Il faut savoir que seul le code de l’urbanisme était consulté mais ce code ne tient pas compte des risques sanitaires des implantations d’antennes
Quels étaient les grands points de cette charte ?
Cette charte indique les limites d’émission des ondes, les conditions d’implantation et l’information envers la population mais occulte complètement une période de consultation envers la population que nous avions demandés
Aujourd’hui tu es adjoint à la Mairie en charge du développement durable. Projettes tu d’améliorer cette charte ?
Cette charte va être révisée sous la responsabilité de Mireille WOJNAROWSKI, adjointe à la prévention santé. Les services sont en train de faire un inventaire des antennes en concertation avec les opérateurs, car certaines ont été implantées sans que la vile en soit au courant. Ensuite nous regarderons les lieux d’implantation et nous reformulerons une nouvelle charte
Comment peuvent agir les Rémoises et les Rémois inquiets d’antennes de téléphonie mobile existantes, ou en projet ? Quelles actions envisages-tu pour les informer de leurs droits ?
Je leur suggère de contacter immédiatement l’opérateur en question, de s’informer auprès des associations compétentes, de contacter la mairie et si nécessaire de constituer un collectif .L’exemple de Sillery ainsi que les derniers jugements interdisant des implantations d’antenne au nom du principe de précaution montrent que des solutions sont possibles.
Antennes, ça avance..
- La Cour d’Appel de Versailles condamne le 4 février 2009 BOUYGUES TELECOM à démonter des antennes à TASSIN LA DEMI LUNE (Agglomération lyonnaise).
- Le Tribunal de Grande Instance de Carpentras condamne le 16 février 2009 SFR à démonter des antennes.
- Le Juge des Référés du TGI d’Angers interdit le 5 mars 2009 l’installation d’une antenne relais sur le clocher de l’église Notre Dame d’Alençon dans le Maine et Loire.
- Un Grenelle des antennes relais a débuté le 23 avril, mais pour l’instant il n’en reste qu’aux préliminaires. Les industriels font pression pour bloquer les décisions. La suite dans les réunions qui auront lieu le mois prochain.
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